Canso - création 2020

Canso - création 2020

Chansons de troubadours

Raimbaut de Vaqueyras, Bernard de Ventadorn, Guy d’Ussel, Bertrand d’Alamanon, Na Castelhosa…
Arrangements et compositions de Philippe Malfeyt

 

À la fin du XIe siècle apparaît dans le sud de la France un élan culturel qui va bouleverser les rapports homme-femme, et va instituer une conception nouvelle de l’amour qui aujourd’hui encore imprègne notre société. La fin’amor – ou amour courtois – est une sublimation du sentiment amoureux, l’expression d’un désir inaccessible. A travers le canso – chanson à strophes – les troubadours chantent leurs complaintes amoureuses, leur idéalisation de la dòmna (dame) aimée. Cet art raffiné né dans les cours occitanes va s’imposer dans toute la France, puis en Angleterre, en Allemagne…

L’art du trobar (trouver, composer un poème, une mélodie) semble avoir été l’expression la plus raffinée de la courtoisie. Il subsiste 95 manuscrits de cette tradition, consignés principalement entre le milieu du XIIIe et le milieu du XIVe siècle. Sur les quelque deux mille cinq cents textes contenus dans ces manuscrits, seulement un dixième environ est accompagné de notations musicales. Or, il est acquis que toute cette poésie était chantée. La musique qui nous est parvenue est monodique sans aucune indication d’accompagnement et la notation rythmique est sujette à controverse. L’interprétation de ce répertoire suscite donc beaucoup de questions et implique des choix.

C’est ici que commence l’espace de création du musicien d’aujourd’hui. Depuis de nombreuses années, La Roza Enflorese aborde les romances monodiques traditionnelles séfarades dans un esprit d’ouverture harmonique, d’improvisation et d’instrumentation originale favorisant les rencontres d’époques, de styles et d’univers sonores différents. Avec Canso, les musiciens de la Roza Enflorese abordent l’art poétique raffiné des troubadours à travers un choix de textes dont il existe parfois une musique qu’ils s’approprient sans complexe, ou pour lesquels ils comblent l’absence de source musicale par des compositions originales. L’instrumentarium choisi – flûtes à bec, luth, oud, guiterne, nyckelharpa, viola da Sienna, violoncelle, accordéon, doudouk et percussions - crée des ponts entre musique ancienne et musique d’aujourd’hui, musique traditionnelle et musique savante dans un esprit poétique au service du texte.


Edith Saint Mard chant
Philippe Malfeyt luth, oud, guiterne
Bernard Mouton flûtes à bec, doudouk
Sigrid Vandenbogaerde violoncelle
Didier François nyckelharpa, viola da Sienna
Anne Niepold accordéon diatonique
Vincent Libert percussions